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18/10/2011

La fiction télé africaine veut rompre son isolement

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LA ROCHELLE - Confrontés au manque d'argent, souvent isolés, les réalisateurs africains comptent sur le Festival de la fiction télé de La Rochelle pour présenter leurs oeuvres, mais aussi pour faire des rencontres et trouver des financements.


"Ceux qui tentent de produire des fictions en Afrique francophone ont énormément de difficultés. Ils bénéficiaient de soutiens qu'ils n'ont plus aujourd'hui. Et ils sont très isolés", explique Quentin Raspail, président du festival, dont la 13e édition s'est ouverte mercredi soir.

"L'idée c'est de leur offrir la possibilité de montrer leurs fictions à un public de professionnels, de provoquer des rencontres, peut-être de rompre leur isolement et de leur donner du courage", poursuit-il.

Trois films très différents figurent cette année dans la sélection africaine du festival: "Ina", une série du Burkina Faso en 15 épisodes de 26 minutes, qui raconte l'histoire contemporaine d'une jeune fille souvent déchirée entre l'autorité paternelle et les opportunités de la vie; "Les Rois de Ségou", une saga historique malienne sur l'épopée du royaume Bambara de Ségou; et "Julie et Roméo", un téléfilm sentimental burkinabé.

"Le festival nous permet de faire voir nos oeuvres, de rencontrer des réalisateurs et d'autres acteurs, de voir comment ils travaillent, et de discuter avec les producteurs, parce que ce qui bloque le cinéma africain, ce sont les financements", souligne Gérard Ouedraogo, acteur principal du film "Julie et Roméo".

Pour Boubacar Sidibé, réalisateur des "Rois de Ségou", première série historique africaine de cette ampleur, le festival est "une opportunité de voir la réaction des gens" vis-à-vis de son travail, jamais présenté en Europe, et de rencontrer des producteurs et diffuseurs en dehors des télévisions africaines et de la chaîne francophone TV5 Monde, qui diffuse déjà cette saga.

"On travaille à la réalisation de la deuxième saison, qui est prévue pour la fin de l'année. Comme le financement n'est pas entièrement bouclé, si on arrivait à attirer l'attention de certains producteurs, ce serait une bonne chose", indique-t-il.

Les réalisateurs d'Afrique francophone souffrent notamment d'une industrie de la fiction télé peu structurée dans leurs pays, ce qui les empêche souvent de disposer de financements pour leurs films et pour anticiper des développements futurs.

"On est encore un peu dans une production où on trouve les financements pour produire une fiction, on la produit, et après il faut pendant un an ou deux ans retourner chercher de l'argent pour de la production à court terme", explique Frédérick-Louis Boulay, directeur des programmes de TV5 Monde.

"Comme l'argent est rare, souvent le réalisateur écrit, imagine, va chercher des financements lui-même, donc joue le rôle de producteur. Ce qui manque, c'est un apport structurel en argent frais, des investissements à moyen terme qui pourraient leur donner de la visibilité pour développer, pour faire travailler des scénaristes et des réalisateurs en amont sur plusieurs projets", ajoute-t-il.

Pour lui, "l'organisation industrielle qui existe en Europe, et particulièrement en France, avec les systèmes de co-financement par le CNC (Centre national de la cinématographie), par la distribution, n'est pas assez développée en Afrique, ni même la production privée".

Grâce aux contacts noués à La Rochelle, si "dans un avenir proche, d'autres distributeurs, producteurs avaient envie de coproduire ces films, ça serait un ballon d'oxygène formidable pour permettre un décollage de cette industrie", souligne-t-il.

08/03/2011

La passion...de SERGEO MARCHELLO !

C'est toujours émouvant de lire le parcours d'un frère, ami et compagnon de lutte dans la quête de la réalisation de ses rêves surtout quand on y a participé. Un seul mot : Pour que vive le cinéma africain ...


Ma passion...ma passion!

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(Cliquez pour lire les légendes)

C’est ma rencontre avec Armand Brice Tchikamen en 1996 qui renforce ma passion pour le cinéma. Avec Ousmane Stéphane, nous nous battons alors pour faire parti de la jeune famille cinématographique camerounaise. Nous mettons au monde un premier bébé intitulé L’évadé en cavale en support VHS (franchement c’est une horreur, tout est pourri). Ce qui m’a marqué à ce moment est le fait que nous nous rendions compte de la laideur du produit, au moins, nous sommes conscient que nous sommes nul. Le film est tourné en 16h de temps, monté à l’aide de deux magnétoscopes, et le résultat est plutôt très loin de nos attentes. S’en suit alors un travail approfondi dans la recherche du savoir. Nous nous lançons alors dans le visionnage des making off de films classés série A tels Terminator, Autant en emporte le vent, et bien d’autres. Nous ne lessivons pas non plus dans la lecture de documents portant sur la fabrication de films. L’absence d’Internet ne nous aide pas, car, la documentation avale tout ce que nous possédons comme argent de poche (la galère). Deuxième tentative, Témoin à séduire. A ce niveau, nous savons au moins comment est constituée une équipe de tournage, ce que c’est qu’un plan, un angle, une prise, et bien d’autre choses qui pouvaient nous aider à fabriquer des images. Le tournage se déroule plutôt bien, seulement, il est beaucoup plus long que nous ne l’avions prévu ; 6 semaines à gérer une équipe de 24 personnes. Avec Ousmane à la réalisation et Armand Brice comme assistant, je me charge des prises de vue, et pour la première fois, un (vrai) film est tournée dans la ville de Bafoussam. Malheureusement, personne de nous n’avait pensé au montage. Nous avions 21 bandes des 2 heures chacune et il fallait en fait 2 heures de film. Nous nous rendons donc compte que nous avons encore trop à apprendre.

Le 27 Avril 1998, je quitte le Cameroun pour le Nigeria où le cinéma est déjà assez avancé. Ma mission pour le groupe est d’aller acquérir le maximum de savoir pour pouvoir dans un premier temps faire avancer Témoin à séduire, et ensuite enseigner aux autres. Ce qui est drôle c’est que nous sommes tellement optimiste que nous ne mettons jamais en avant le facteur temps. Après 6 mois passés au Nigeria, je ne savais toujours par où commencer. C’est alors que Ousmane m’y rejoint et nous faisons la connaissance de Branny qui est alors un des producteurs les plus côté du pays de Sani Abacha. Après avoir visionné les bandes du film, il est pris d’admiration par notre travail et se lie donc d’amitié avec nous. C’est donc à travers Branny Video que je fais mes premiers pas dans le monde du cinéma Nigerian en 1998. Après 4 années passé avec cet homme qui me fera franchir les portes blindée de Nollywood, je monte ma propre boite audio visuelle, la Thunder Records, spécialisée dans la production musicale et la post-production cinématographique. En 2004, je fais la connaissance de Jeta Amata, le réalisateur de Amazing Grace (nominé au festival de Canne), qui me fera participer à de très grands ateliers de formation. C’est en 2006, après avoir remporté le best editor award (récompense du meilleur monteur) au Tinapa Film Festival que je fais la connaissance de Patrick Ene, alors patron de la Pat and Ray Picture, et devient le directeur technique de cette boite.

C’est grâce à l’association Horizon Jeune que je décide de rentrer au Cameroun en 2008 pour le tournage de la série Paradis, réalisée par Ousmane Stéphane, qui lui aussi revient après 5 ans passés en France.

Après mon départ du pays en 1998, Ousmane et Armand Brice qui ont fait la connaissance de Théodore Nana, ont continué et ont tourné un autre long métrage intitulé Le successeur. Seulement, la soif de savoir encore plus les poussera à partir aussi ; Ousmane en France, et Armand Brice en Côte d’Ivoire. Nous ne nous sommes jamais perdu de vue, et étant donné que nous nous formions sous des cieux différents, nous ne manquions pas de nous échanger les idées chaque fois que l’occasion se présentait.

(c) http://www.unicafrik.com/sergio/passion